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La respiration – Poème de Alexandre Soljenitsyne

  • Proposition de « jeu » avant la lecture du poème « la respiration de A.  Soljenitsyne.
    La respiration est la constante des jeux de la relaxation oculaire, des sons, du yoga des yeux et du son.
    Inspirez tranquillement en prononçant mentalement et lentement « Fluidité »
    Expirez  tranquillement en prononçant  » mentalement et lentement « Fluidité »
    (énoncer Fluidité représente 5 secondes)
  • La respiration

Tant qu’on peut encore respirer, après la pluie, sous un pommier, on peut encore vivre!
Poème
Le clocher de Kaliazine, 1958 à 1960 de Alexandre Soljenitsyne – 1958

La respiration
IL a plu un peu cette nuit et maintenant le ciel est traversé de gros nuages et de temps à autre il tombe quelques gouttes.

Je suis debout sous un pommier dont la floraison s’achève, je respire.

Le pommier, les herbes qui l’entourent, tout embaume après la pluie et aucun mot ne peut exprimer cette odeur sucrée qui imprègne l’air. Je la hume à pleins poumons, je sens cet arôme avec toute ma poitrine, je respire, les yeux tantôt ouverts, tantôt fermés, je ne sais ce qui est le mieux.

Voilà, en somme, la liberté, l’unique liberté, mais aussi la plus précieuse, dont nous prive la prison: pouvoir respirer ainsi, pouvoir respirer dans un endroit comme celui-ci. Aucune nourriture terrestre, aucun vin, aucun baiser de femme, même, n’est pour moi plus doux que cet air ivre de floraison, d’humidité, de fraîcheur.

Peu importe que ceci ne soit qu’un minuscule jardin, resserré entre les cages à fauves de maisons de quatre étages.

Je cesse d’entendre les pétarades des motocylettes, les vociférations des postes de radio, les crachements des haut-parleurs.
Tant qu’on peut encore respirer, après la pluie, sous un pommier, on peut encore vivre! 

 

« Exercices simples contre les yeux secs »

Source SANTENATUREINNOVATION.COM http://www.santenatureinnovation.com/4-exercices-simples-contre-les-yeux-secs/
Mon avis –
des infos intéressantes, en revanche je suis réservée sur le vocabulaire choisi : Exercices, soigner, traitement.
Les jeux proposés vous sont familiers, adaptez les à vous-même sans oublier le PALMING et les autres jeux que vous connaissez. Belle pratique régulière, même de courte durée. RESPIREZ, CILLEZ, SOURIEZ

Légers massages autour des yeux

Source : tiantanglong et modifications de Liliane. Cliquer sur le lien ci -dessous pour obtenir l’image.

Points autour de l’oeil

1-Frottez vos mains pour activer l’énergie.

2-Avec vos majeurs pressez doucement 3 fois le point V2. Pressez à l’inspire et relâchez à l’expire.

Idem sur le point Shangming centre du sourcil sous le bord supérieur de l’orbite.

Idem sur le point VB1 extérieur de l’angle externe de l’œil.

Idem sur la point E1 sur le bord orbite inférieur.

Idem sur le point V1 angle interne supérieur de l’œil.

Et pour finir sur le point taiyang dans la dépression des tempes.

3-Ouvrez les yeux et regardez au loin puis en haut, en bas, à droite et à gauche autant de fois que vous le souhaitez.

4-Dessinez des lemniscates.

5-Reposez vos yeux : Le palming est une posture qui permet de reposer les yeux et le mental rapidement. Frottez les paumes des mains l’une contre l’autre jusqu’à ressentir de la chaleur. Posez ensuite les paumes en creux sur vos yeux fermés en respirant lentement.

Christophe André – « En âge de mourir » – Extrait de son blog du 15 octobre 2014

 http://psychoactif.blogspot.fr/
En âge de mourir
Cette après-midi d’octobre 2014, je marche seul dans les bois. C’est une belle journée d’automne, les feuilles jonchent le sol, composant une harmonie de verts, de jaunes et d’ocres. Le soleil transperce régulièrement les feuillages, à chaque fois que les nuages poussés par le vent le libèrent. La lumière devient alors magnifique. Je respire avec un plaisir tranquille l’air frais et les odeurs humides. Impression d’avoir déjà vécu ces instant des milliers de fois, et je me sens pourtant ravi comme un enfant qui découvre le monde.
Je repense à une visite récente à Toulouse où j’ai vécu ma jeunesse et fait mes débuts dans la psychiatrie. Lors de ce passage de quelques jours, j’ai vécu des moments émouvants, revu d’anciens amis, d’anciens patients. J’ai appris la maladie et la mort de certains. J’ai vu des visages et des corps qui avaient vieilli, de manière inégale. Certains avaient étonnamment peu changé ; d’autres étaient marqués.

Et tout à coup, tout doucement, se lève en moi le sentiment charnel du temps qui a passé. Je ressens la présence de l’âge. Une pensée s’installe au centre de mon esprit : « je suis un humain en âge de mourir ».
Si cela m’arrive demain, on ne pourra plus dire « parti trop tôt », encore moins « fauché dans sa jeunesse », etc. On pourra juste dire que ce fut une vie un peu plus courte que la moyenne. Pour nos pays en tout cas ; car à l’échelle de la planète entière, ce serait la moyenne, ce serait le moment où ma mort cesserait pour mes proches d’être un scandale pour être juste une tristesse.

Cette pensée qui ne veut pas partir ne provoque pas de mélancolie en moi, pas de détresse. Aujourd’hui, du moins. La journée est trop belle : j’ai du temps devant moi pour marcher et savourer chaque seconde ; pas de conférence ni de cours, pas de consultations ; juste du temps pour fouler les feuilles mortes, pour réfléchir et ressentir.
Chaque instant de vie, chaque pas est comme un cadeau supplémentaire que m’offre l’existence. Peut-être que je me dis cela car mon corps, en ce moment, ne me fait pas souffrir, ni ne m’envoie de signaux inquiétants. Peut-être que ce serait plus compliqué si c’était le cas. Peut-être.

Mais pour l’instant, l’humain en âge de mourir et dont le corps ne le fait pas souffrir marche tranquillement dans un sous-bois simple et splendide, trop content de renifler et d’admirer un automne de plus.